La garance des teinturiers – Rubia tinctorum

ParCouleurs en herbe

La garance des teinturiers – Rubia tinctorum

La voici qui pointe son nez ! Cette tige de l’année provient d’un bourgeon situé sur une tige souterraine , horizontale, appelée rhizome. C’est dans les organes souterrains que se trouvent les colorants, (plus de 30 molécules identifiées dont une dizaine participant à la couleur selon Dominique Cardon dans son livre « le monde des teintures naturelles ») qui ont rendu cette plante si populaire, une des rares, voire la seule à produire du rouge vif.

Les feuilles sont en apparence disposées par 4 ou 6 sur la tige  au niveau des nœuds, formant un verticille (en fait, il s’agit de feuilles et de stipules, nous précise Gaston Bonnier dans sa grande flore illustrée). Elles sont munies de petits aiguillons crochus sur leur bord, de même que leur cousine le gaillet gratteron bien connu des jardiniers. Elles utilisent ces crochets pour s’élancer vers les sommets en s’accrochant aux voisins. Des rameaux axillaires se formeront à l’aisselle des feuilles.

On trouve la garance des teinturiers à l’état subspontané, reliquat de cultures de production de colorant rouge pour les teinturiers, cultures présentes dans le sud de la France jusqu’à la fin du XIXè siècle. En effet après 1868, année de synthèse de l’alizarine, une des principales molécules du rouge, les cultures ont été progressivement abandonnées.

Une autre cousine, la garance voyageuse, très commune dans les sous-bois est également riche en colorants rouges au niveau des organes souterrains mais les teintures que nous avons faites sont nettement moins vives.

Notre plante produira dans l’année des petites fleurs jaunes à 5 pétales pointus au bout et soudés en tube à la base, puis une baie noire, toxique, qui contient une graine.

Pour la cultiver dans son jardin, la garance peut se multiplier par semis ou par transplantation d’un morceau de rhizome.

Le rouge est rare chez les végétaux et c’est la famille de la garance qui en est le principal pourvoyeur : les rubiacées, dont le radical rubis nous alerte sur la spécificité des plantes de cette famille. Plusieurs espèces de rubiacées sont utilisées à travers le monde pour produire du rouge (Galium, Morinda…)

Cette famille se caractérise par des feuilles disposées en verticilles de 4 à 8  (ou plutôt feuilles accompagnées de leur stipules). Les fleurs blanches ou jaunes (parfois violettes chez la sherardie , qui s’invite dans les potagers), ont toutes 4 ou 5 pétales pointus, ce qui les différencie des brassicacées (vues dans l’article précédent) qui ont 4 pétales arrondis. Elle comprend des espèces herbacées en régions tempérées et beaucoup d’arbustes et arbres dans les régions tropicales. Le café, le quinquina en font partie.

 

À propos de l’auteur

Couleurs en herbe administrator